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30.03.2010







 


 


ENNEMI


 


A ma disgrâce, enivre-toi de  vin capiteux


Revêts toi à mon échec  des manteaux coûteux


Célèbre comme, un petit prince ta gloire.


C’est le plein temps de ton pouvoir.


Ainsi traduis moi en ton valet ;


Chaque jour, rattaché à ton chapelet,


Médite pour ma perdition.


A ma défaite, comble moi d’illusion


Et feins de traduire à mon visage compassion


Tandis qu’à tes yeux se lit ton intention.


Mais à cette coupe de souffrance,


Mon être se réjouit et se forge


Dans la douleur, à moi fleuri le courage.


Voici qu’à mon oreille, parle une voix de bienfaisance ;


Dans la vie tout est éphémère


Au cime de la misère,


Il y a une source de bonheur.


Le trésor résultant de la douleur


Est joie et satisfaction.


Sans pénitence il n’y a point de bénédiction.


Ennemi ! A ma face, tu taris de bonnes intentions


A mon insu  tu garnis mon chemin d’embûches ;


Ta gorge se déploie quand je trébuche.


Mais hélas ; je suis au comble de la  félicité.


 


Boly Eric


 








11.03.2010

Fw :









Noir destin



 



Du tréfonds de cet immense gouffre,



Dans l’intimité de cet enfer



Nos cœurs témoignent de l’affabilité des démons



Et l’hospitalité effarante de cet univers voluptueux fait
de notre âme une forteresse inexpugnable.



Et ce chant que nous insuffle la puanteur,



A cet air nauséeux, félon de nos esprits,



Nous avons entonné cette mélodie.



Et en chœur nous avons chanté



Cet hymne à la misère.



Envoûtante mélopée de souffrance,



Moment de bonheur indicible



Qui inaugure un voyage,



Ce périple dans le tumulte de la vie



Au fond de l’irrésistible précipice.



Immense océan d’insouciance



Où se noient nos chagrins.



Enivrante cette odeur de corps putréfiés    .



Et lorsque soufflent les attrayantes



Flammes du four crématoire ;



Notre misère s’en va



Tel un duvet au gré du vent.



Eblouis par les épaisses ténèbres



Dans les entrailles de la vaste excavation,



Nous nous sommes reconnus



A la blancheur écarlate de nos dents.



Car au fond de notre antre, nous avons ri



De ce rire héroïque qui défie le destin



Et dans la hâte de la fugitive lumière nos regards se
sont croisés



Semblables étaient nos corps.



Peuple noir



Peuple noirci                                                  



Peuple au destin farci



Peuple des damnés.



A ce rebutant destin tu restes condamné.



Ta demeure reste les débris de l’humanité



Et cette vie de souffrance n’est pas chère payée.



 



                                                   



                                                  
GHISLAIN BORESSI



 



 



 


















08.03.2010

DOCUMENT SUR UN MODEL / SENGHOR L’IMMORTEL

Léopold Sédar Senghor vécut de 1906 à 2001 (95 ans)

Naissance : 1906 à Joal au Sénégal
Décès : 2001 (jeudi 20 décembre) à son domicile de Verson en Normandie en France
Un deuil national de 15 jours. Le président sénégalais Abdoulaye Wade décrète jeudi soir un deuil national de quinze jours, après la mort de l'ancien président Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi en France - "En rapport avec la famille" de M. Senghor et l'ambassade du Sénégal à Paris, "nous allons
organiser des obsèques nationales", a déclaré à la presse le chef de l'Etat. Dès aujourd'hui, a-t-il ajouté, "je décrète que le deuil national durera quinze jours".

Obsèques nationales : samedi 29 décembre 2001 au Sénégal. (Inhumations à Dakar comme il l'avait souhaité).
Autres repères : Homme de lettres (enseignant, agrégé de grammaire, poète, écrivain), Homme politique (fondateur de la République et président du Sénégal, un des pionnier de l'OUA), Homme de culture (chantre de la Négritude et de l'Africanité,
défenseur de la francophonie, immortel de l'Académie française).

Décès de Léopold Sédar Senghor: le président-poète dans l'éternité

L'ancien président de la République, Léopold Sédar Senghor, est mort hier (jeudi 20 décembre 2001) chez lui à Verson où il s'était retiré avec sa femme après avoir quitté le pouvoir à 74 ans, à la fin de l'année 1980. Le président avait fêté ses 95 ans en octobre dernier. On le savait malade depuis quelques années - il vivait avec un simulateur
cardiaque pour soutenir son vieux cœur fatigué -, mais les Sénégalais et tous ses amis redoutaient la disparition de cet homme exceptionnel et multidimentionnel, qui a façonné, avec d'autres compagnons de lutte comme Lamine Guèye, Mamadou Dia et tant d'autres, qui ne sont plus de ce monde, une bonne part de l'histoire de notre pays depuis 1945 jusqu'à l'indépendance, avant de diriger le Sénégal pendant vingt ans.

Hospitalisé il y a quelques jours à Caen, il était retourné chez lui à Verson, pour y mourir, sans doute. Vendredi dernier, alors qu'on le disait gravement malade, sa famille avait démenti la nouvelle de son état désespéré, en soulignant qu'il était certes fatigué, mais qu'il se portait mieux. Hélas, la nouvelle est tombée hier, inattendue, prenant presque le peuple sénégalais entier de court. Depuis l'annonce de sa disparition, par le président Wade, en plein sommet de la CEDEAO, les témoignages affluent du monde entier, pour partager la douleur du peuple sénégalais.

Du président Jacques Chirac au roi Mohamed VI, en passant par Lionel Jospin, les réactions de solidarité envers le Sénégal continuent d'affluer vers notre pays devenu réellement orphelin avec la disparition de Léopold Sédar Senghor, que les poètes, artistes et musiciens ont chanté et qu'ils continueront longtemps de célébrer.

Aujourd'hui, Senghor, immortel, pour avoir été le premier noir reçu sous la coupole de l'Académie française, est entré définitivement dans l'éternité.





Les réactions

Le président ivoirien salue la mémoire de Léopold Sedar Senghor

 Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 19h53 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a appris ''avec émotion et tristesse'' le décès jeudi en France de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor à l'âge de 95 ans. Pour lui, ''l'Afrique vient de perdre l'un de ses plus grands fils, dont le destin hors du commun a fortement marqué l'histoire et la littérature de notre siècle''.

Dans un communiqué, M. Gbagbo estime que ''son parcours d'homme d'Etat constitue un bel exemple pour plusieurs générations d'Africains'', avant de s'incliner devant la mémoire du ''poète au souffle généreux, qui incarnait doublement l'universalisme et l'humanisme'', ''l'ardent défenseur du dialogue des cultures et du métissage''.

''L'oeuvre du poète-président, chantre de la négritude et symbole de la francophonie, restera à jamais éternelle'', conclut M. Gbagbo.

 

 Paris - jeudi 20 décembre 2001, 22h54 - Le président Jacques Chirac a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, en s'inclinant devant la mémoire de celui qui fut "l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme", "l'un des acteurs majeurs de l'Histoire de l'Afrique".

"La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami", a déclaré Jacques Chirac.

Lionel Jospin a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".

"Ce grand poète était un homme d'Etat exceptionnel qui a su favoriser et respecter l'évolution démocratique de son pays, d'abord vers l'indépendance, ensuite vers l'exercice de sa pleine souveraineté d'Etat influent en Afrique", écrit M. Giscard d'Estaing.

Le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Boutros Boutros-Ghali, a salué le "poète de la négritude, l'homme d'Etat d'indépendance, le philosophe de l'universel" qui restera le "guide spirituel" de la francophonie.

Le président malien Alpha Oumar Konaré, parlant au nom des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) réunis à Dakar, a déclaré, visiblement ému, que "Léopold Sédar Senghor est certes du Sénégal, mais il est de l'Afrique et il est un citoyen du monde".

"Son exemple nourrira notre action", a poursuivi le chef d'Etat malien, qui s'est dit attristé par la perte d'un "grand combattant de l'Afrique et de la liberté".

L'Académie française, par la voix de son secrétaire perpétuel, Mme Hélène Carrère d'Encausse, a rendu hommage à l'ancien président sénégalais qui fut en 1984 le premier écrivain noir reçu à l'Académie.

"Il nous apportait son admirable connaissance de la langue française, il était le symbole de tout ce qui nous unissait à l'Afrique", a-t-elle dit. "C'était un de nos confrères extrêmement vénérés dont, malheureusement, l'absence ces dernières années, en raison de sa santé, nous avait déjà attristés. Il était jusque-là très assidu aux séances du dictionnaire", a-t-elle ajouté.

"J'étais très impressionnée par son immense culture, son sens de la langue. C'était un agrégé de grammaire qui disait d'une façon poétique des choses très précises. Quand il parlait, on sentait toujours le poète derrière" les mots.









jeudi 20 décembre 2001, 22h54
"J'étais très impressionnée par son immense culture, son sens de la langue. Quand il parlait, on sentait toujours le poète derrière" les mots, a déclaré Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie Française.
Senghor en 1985 par Frank Perry.





La mort de Senghor, chantre de la négritude et de la culture française






AFP, Dakar - jeudi 20 décembre 2001, 22h55 - Ancien président de la République du Sénégal, poète de la "négritude", Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, était un des plus ardents défenseurs de la langue française et l'ambassadeur universel de la culture de l'Afrique noire.

A la tête du Sénégal jusqu'au 31 décembre 1980, il a fait de son pays une des premières démocraties d'Afrique, en y autorisant le multipartisme et en cédant la place à son Premier ministre de l'époque, Abdou Diouf.

Lassés par 40 ans de pouvoir socialiste, les Sénégalais ont élu en mars 2000 le libéral Abdoulaye Wade et, encore une fois, se sont imposés comme un "exemple pour l'Afrique", capables d'alternance politique dans le calme et la démocratie.

Officiellement né le 9 octobre 1906 à Joal (sud de Dakar), Léopold Sédar Senghor, membre de l'Académie française depuis 1984, s'était fait l'apôtre de "la civilisation de l'universel".

Jusqu'à l'âge de 7 ans, il ne parle que le sérère, avant d'apprendre le français à la mission catholique de son village natal.

Catholique, il veut devenir prêtre et fréquente le collège-séminaire de Dakar. Mais le sacerdoce n'est pas sa vocation. Après son baccalauréat de philosophie, il entre au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se lie d'amitié avec le futur président Georges Pompidou et l'Antillais Aimé Césaire, avec lequel il invente la théorie de la "négritude".

Il devient ensuite le premier agrégé africain (en grammaire) de l'Université de Paris en 1935, puis professeur de français-latin-grec au lycée Descartes de Tours.

Mobilisé en 1939, Senghor est fait prisonnier par les Allemands en juin 1940. Réformé en 1942 pour raison de santé, il reprend ses activités de professeur et participe à la résistance contre le nazisme.

En 1945, il publie son premier recueil de poésies, "Chants d'Ombre", tout en entamant une carrière politique française. Député du Sénégal, inscrit au groupe socialiste, il fonde en 1948 le Bloc démocratique sénégalais.

Réélu député en 1951, secrétaire d'Etat dans le cabinet d'Edgar Faure en 1955, puis président de l'assemblée de la fédération du Mali (groupant le Sénégal et l'actuel Mali) en 1959, il devient le premier président de la République du Sénégal à l'indépendance, en 1960.

Senghor, francophile avoué, a rejeté ce qu'il considérait comme une mainmise de l'Union soviétique et de Cuba sur certains pays d'Afrique. Il s'est aussi fait le défenseur farouche des populations noires d'Afrique de l'Ouest face aux appétits de certains voisins arabes, anciens esclavagistes.

Ecrivain, Léopold Sédar Senghor anime en 1956 le premier congrès international des écrivains et artistes noirs. Devenu chef d'Etat, il continue son oeuvre poétique. A "Hosties noires" (1948) et "Ethiopiques" (1956) viennent s'ajouter les recueils de "Nocturnes" (1961), "Lettres d'Hivernage" (1973) et les "Elégies majeures" (1978). Il signe aussi plusieurs essais (Liberté, I à V) développant sa pensée politique. Plusieurs fois, son nom a été cité pour le prix Nobel de littérature.

Président d'honneur du Haut conseil de la francophonie depuis 1991, il a aussi été honoré par de nombreuses universités françaises et étrangères. Il était Grand Croix de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

Marié une première fois en 1946 et divorcé neuf ans plus tard, il avait ensuite épousé Colette Hubert, une Française originaire de Normandie, région où il a passé les dernières années de sa vie.









jeudi 20 décembre 2001, 22h55
Poète de la "négritude", Léopold Sédar Senghor a été l'un des plus ardents défenseurs de la langue française et l'ambassadeur universel de la culture de l'Afrique noire dans le monde.






Boutros Boutros-Ghali rend hommage à Senghor

AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 22h12 - Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général des Nations unies et actuel secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, a rendu hommage jeudi à Léopold Sendar Senghor, pour avoir offert ''une vision du dialogue des cultures et des religions''.

''L'Afrique et la francophonie sont aujourd'hui en deuil'', a déclaré Boutros Boutros-Ghali sur Europe-1. ''La francophonie veut rendre hommage à Léopold Senghor et à ce qu'elle lui doit: c'est un grand homme qui a inspiré, créé, contribué à l'épanouissement de la francophonie''.

M. Boutros-Ghali s'est rappelé que ''lorsqu'il était un jeune universitaire les poèmes de Léopold Senghor consacrés à la négritude (l'avaient) toujours inspiré''.

''Léopold nous a offert une vision du dialogue des cultures, des religions qui devrait donner naissance à cette réconciliation générale qui devrait permettre l'épanouissement du culture de la paix'', a souhaité Boutros Boutros-Ghali.





Mort de Léopold Sédar Senghor, figure historique de l'Afrique

Reuters, Paris - jeudi 20 décembre 2001, 20h41 - L'ancien président et poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père de la "négritude", est mort à l'âge de 95 ans dans le Calvados.

Figure historique de l'Afrique post-coloniale, celui qui fut le premier président du Sénégal indépendant de 1960 à 1980 s'est éteint vers 16h30 à son domicile de Verson, près de Caen, dans le Calvados, où il s'était retiré depuis plusieurs années, a-t-on appris auprès de la légion de gendarmerie de Basse-Normandie.

Universitaire, membre de l'Académie française, il était également un poète de renom international, inventeur de la "négritude".

Les hommages unanimes ont accompagné l'annonce de son décès.

L'actuel chef de l'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, qui a appris la mort de Senghor lors d'un sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, à Dakar, a annoncé que le Sénégal organiserait des obsèques nationales pour son illustre prédécesseur.

Léopold Sédar Senghor, a-t-il dit, "exprimait ce qu'un nègre pouvait ressentir à l'époque lorsqu'il vivait en tant qu'intellectuel dans un milieu occidental".

"Je pense que son message est allé très loin puisque les combattants angolais à l'époque chantaient encore des poèmes de Senghor, de sorte qu'il a représenté la culture noire avec Césaire et leurs amis, comme Jean-Paul Sartre et tant d'autres", a-t-il ajouté sur France Inter.

Pour le président malien Alpha Oumar Konaré, "le président Senghor était un grand homme politique et un grand Africain". "Senghor est plus que jamais présent avec nous", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, Laurent Gbagbo, le président ivoirien, a souligné "le bel exemple pour plusieurs générations d'Africains" que le premier président sénégalais incarnait. "C'était un ardent défenseur du dialogue des cultures et du métissage", poursuit-il.

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"Un magnifique passeur de cultures"

Même tonalité dans l'hommage rendu, en France, par Jacques Chirac pour qui l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme" et un "magnifique passeur de cultures" se sont éteints avec Léopold Sédar Senghor.

"La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami", écrit le président français dans un communiqué.

"Magicien des mots, Léopold Sédar Senghor incarnait les beautés de l'âme africaine. Par son goût éminent du dialogue et sa soif de l'autre, il fut un magnifique passeur de cultures entre les civilisations", poursuit-il.

"En ces instants de recueillement, la France n'oublie pas qu'il fut aussi l'un des siens, ministre de la République et académicien, parmi les plus éminents."

Lionel Jospin a salué lui une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la littérature française.

"Le président Senghor a été de toutes les luttes pacifiques pour l'émancipation et la dignité du continent africain", écrit le Premier ministre. "Il a été un modèle de sagesse dans la gestion de son pays. Son action, j'en suis sûr, demeurera une source d'inspiration pour chacun d'entre nous."

Pour Raymond Forni, président socialiste de l'Assemblée nationale, c'est un homme qui avait "su si merveilleusement incarner à la fois cette négritude, dont il a forgé le concept, mais aussi l'unité profonde de l'homme, quelles que soient ses origines et sa couleur de peau", qui a disparu.

"Apôtre de l'indépendance et de la paix, défenseur acharné et infatigable de la dignité humaine, il s'est toujours battu pour sauvegarder et consolider l'unité africaine", dit-il.

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Le "chantre de la négritude"

Né le 9 octobre 1906, dans l'ancien comptoir portugais de Joal, dans un Sénégal qui constituait l'un des fleurons de l'ancien empire colonial français, Léopold Sédar Senghor avait fait des études supérieures de littérature à Paris.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il est prisonnier pendant deux ans en Allemagne.

Après son retour de captivité, il entame une carrière politique dans la France libérée: élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale en 1945, siège qu'il conservera jusqu'en 1959, il est secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil sous Edgar Faure (1955) et ministre-conseiller du fondateur de la Ve République, le général de Gaulle (1959).

En 1960, il est député à l'Assemblée législative du Sénégal nouvellement indépendant. Il est ensuite élu président.

Son "exemplarité" a été saluée, notamment pour avoir accepté de quitter le pouvoir en 1980 après avoir instauré dans son pays un climat de tolérance unique en Afrique. Il n'hésita pas, néanmoins, à emprisonner pendant douze ans l'un de ses rivaux, Mamadou Dia.

Parallèlement à cette carrière politique, qui a fait de lui l'un des "sages" de l'Afrique, Léopold Sédar Senghor avait poursuivi une oeuvre littéraire abondante et louée pour son originalité.

Marié à une Française, l'ancien président du Sénégal vivait depuis plusieurs années à Verson, une petite commune du Calvados de 3.600 âmes, à 8 km de Caen.

La semaine dernière, on avait appris qu'il était dans un état de santé "très critique".





Senghor, l'homme du ''métissage de mentalités'', pour Poirot-Delpech

AP, Paris, -- jeudi 20 décembre 2001, 21h33 - L'écrivain et académicien Bertrand Poirot-Delpech a salué jeudi la mémoire de Léopold Sedar Senghor, un homme au ''trajet pas si courant'' qui a réalisé ''un métissage des langues, des mentalités''.

''C'est un homme de synthèse et de conciliation à l'intérieur de lui-même'', a rappelé Bertrand Poirot-Delpech sur France Inter. ''Il était le siège de quantité de contradictions vu ses origines du Sénégal serere, culture à moitié portugaise, ce qui lui faisait double lien avec les langues romanes -le français et le portugais''.

Léopold Sedar Senghor ''se retrouve agrégé de grammaire en 1935 et en khâgne à Louis Le Grand avec Pompidou et Jacqueline de Romilly et ce trajet n'est pas si courant''.

Depuis quelques années, ''il était tout à fait retiré près de Caen dans la Normandie de son épouse: il avait dit-il troqué la négritude pour la normanditude parce qu'il ne manquait pas d'humour'', a noté Bertrand Poirot-Delpech.

''Autre signe d'humour: une femme de parlementaire lui faisait compliment de son excellent français, il avait répondu 'moi 'y en avoir aucun mérite, moi 'y en a être agrégé de l'université'... Evidemment le ridicule n'était pas de son côté!'', a conclu l'académicien.





Senghor: la classe politique française déplore la disparition d'une ''grande voix de l'Afrique''

AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 20h17 - La classe politique française a unanimement salué jeudi la mémoire d'une ''grande voix de l'Afrique'' et d'un ''grand érudit'', après la disparition de Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, à l'âge de 95 ans.

''Apôtre de l'indépendance et de la paix, défenseur acharné et infatigable de la dignité humaine, il s'est toujours battu pour sauvegarder et consolider l'unité africaine'', a déclaré le président de l'Assemblée nationale Raymond Forni, rendant hommage à un ''grand érudit et un grand homme d'Etat''.

''Un pionnier du métissage culturel'', a salué la ministre de la Culture Catherine Tasca. ''Nous perdons le plus grand des poètes de l'Afrique et l'homme politique éminent qui sut conduire son pays vers la démocratie''. ''Il donna à son oeuvre la couleur incomparable de la négritude'', a-t-elle souligné.

c'est une langue somptueuse et en même temps très moderne, très audacieuse''.





 





Le président Wade salue ''la bataille de la négritude'' menée par Léopold Sedar Senghor

AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 19h49 - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a rendu hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor, disparu ce jeudi à l'âge de 95 ans, un homme qui a mené ''la bataille de la négritude''.

M. Senghor et l'écrivain Aimé Césaire ''ont mené la bataille de ce qu'on appelait la négritude à l'époque qui avait sa signification parce que c'était la revendication de quelques Africains qui vivaient dans le milieu européen de l'époque, dans le milieu français et qui sentaient une certaine forme de racisme'', a expliqué M. Wade sur France Inter depuis le Sénégal. ''Il exprimait ce qu'un nègre pouvait ressentir à l'époque lorsqu'il vivait en tant qu'intellectuel dans un milieu occidental''.

M. Wade a souligné que cette bataille, M. Senghor ''l'a menée pour revendiquer l'authenticité de la négritude avec ses moyens de poète et d'écrivain''. ''Je pense que son message est allé très loin, les combattants angolais à l'époque chantaient encore les poèmes de Senghor alors que nous étions déjà indépendants''.

Premier président du Sénégal indépendant de 1960 à 1980, Léopold Sedar Senghor ''a représenté la culture noire avec Césaire et leurs amis comme Jean-Paul Sartre et tant d'autres'', a conclu Abdoulaye Wade.





Décès de Léopold Sedar Senghor: Hervé Bourges salue un ''Africain exemplaire''

AP, Paris, jeudi 20 décembre 2001, 19h14 - L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor, dont le décès à l'âge de 95 ans a été annoncé jeudi, était un ''Africain exemplaire'', qui ''restera dans l'histoire du monde, de l'Afrique et de la France'', a estimé jeudi Hervé Bourges.

''Depuis près d'un demi-siècle, il n'est pas possible d'accompagner l'histoire de l'Afrique sans croiser Léopold Sedar Senghor, le sage, le poète, le poète, le penseur'', a souligné sur Europe-1 l'ancien président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Pour Hervé Bourges, militant anticolonialiste de longue date, conseiller en 1962 du président algérien Ahmed Ben Bella et de plusieurs ministres algériens de 1962 à 1967, Léopold Sedar Senghor était ''celui qui associait la mesure dans l'action, la liberté dans l'expression, la fermeté dans l'engagement avec la volonté patiente de faire exister l'Afrique et ses peuples dans notre temps''.

L'ancien chef d'Etat, rappelle Hervé Bourges, ''a su au terme de son dernier mandat présidentiel se retirer et laisser la place au cours d'une élection démocratique à son successeur Abdou Diouf''.

M. Bourges a évoqué l'amour de Léopold Sedar Senghor, membre de l'Académie française, pour la langue de Molière. ''Il a fait sienne notre langue et lui a donné son universalité'', a-t-il dit.

Le premier président du Sénégal, de l'indépendance en 1960 jusqu'en 1980, s'est éteint à l'âge de 95 ans à son domicile français de Verson dans le Calvados, a annoncé jeudi à Dakar le porte-parole de la présidence sénégalaise Cherif Seye.





Jacques Chirac rend hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor

AP, Paris, jeudi 20 décembre 2001, 18h13 - Le président français Jacques Chirac s'est incliné jeudi devant la mémoire de l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, qualifié de ''l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme'' et ''l'un des acteurs majeurs de l'histoire de l'Afrique''. M. Senghor s'est éteint ce jeudi à l'âge de 95 ans à son domicile de Verson (Calvados).

''La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami'', a écrit le président dans un communiqué. ''Magicien des mots'', M. Senghor ''incarnait les beautés de l'âme africaine. Par son goût éminent du dialogue et sa soif de l'autre, il fut un magnifique passeur de cultures entre les civilisations. En ces instants de recueillement, la France n'oublie pas qu'il fut aussi l'un des siens, ministre de la République et académicien, parmi les plus éminents''. AP





L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor est mort

AP, Dakar, jeudi 20 décembre 2001, 18h12 - Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, s'est éteint à l'âge de 95 ans, à son domicile français de Verson dans le Calvados, a annoncé jeudi un porte-parole de la présidence sénégalaise.

Le porte-parole de la présidence, Cherif Seye, n'a pas précisé la cause de sa mort, mais Léopold Sedar Senghor avait souffert dans le passé de problèmes cardiaques.

La semaine dernière, il avait été hospitalisé pendant quatre jours au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen où son état avait été qualifié vendredi de ''très critique''. L'ancien président avait finalement quitté l'hôpital vendredi pour rentrer chez lui à Verson.

Né le 9 octobre 1906 à Joal (130km à l'est de Dakar), Léopold Sédar Senghor avait été le premier président du Sénégal, de l'indépendance en 1960 à 1980. Il avait volontairement quitté le pouvoir le 31 décembre 1980 en faveur de son Premier ministre d'alors, Abdou Diouf. Poète, chantre de ''la négritude'', il était membre de l'Académie française depuis 1983. L'ancien chef d'Etat vivait depuis plusieurs années en Normandie.





La ''négritude'' orpheline de son poète-président, Léopold Sedar Senghor

AP, Dakar, jeudi 20 décembre 2001, 18h09 - Il disait qu'il préférerait passer à la postérité en tant que poète plutôt qu'en tant que chef d'Etat. Léopold Sedar Senghor, chantre de la ''négritude'' et premier président du Sénégal, de l'indépendance jusqu'au jour où il céda les commandes en 1980, était pourtant l'un et l'autre. Il fut également le premier Africain à entrer à l'Académie française.

M. Senghor s'est éteint à l'âge de 95 ans à son domicile français de Verson dans le Calvados, a annoncé jeudi à Dakar le porte-parole de la présidence sénégalaise Cherif Seye.

De petite taille, cet homme aux manières douces cachait aussi une volonté politique de fer et méprisait l'arrogance de certains des jeunes dirigeants africains des Indépendances. Nationaliste africain, il ne renia cependant jamais la culture de la colonie dont il était issu, tout en étant un pilier de la francophonie.

Certains le qualifiaient de néo-colonialiste, de marionnette de Paris. Senghor se contentait de hausser les épaules et de souligner la stabilité, les progrès et la paix dans son pays, au coeur d'un continent secoué par les coups d'Etat et les guerres tribales.

Léopold Sedar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal (130km à l'est de Dakar), dans une famille catholique de la petite ethnie serere. Elève chez les pères, il étudie ensuite au lycée parisien Louis-Le-Grand, où il se liera d'amitié avec Georges Pompidou, futur président français. C'est à ce dernier qu'il présentera Claude, sa future femme.

C'est l'heure des premières amours: poésie, littérature, culture. Premier agrégé de lettres de l'Afrique noire francophone en 1935, Senghor enseigne dans plusieurs lycées de métropole, tout en initiant avec Aimé Césaire le mouvement de la ''négritude''.

Négritude, ''soleil de l'âme'' et ''truelle à la main'', combat pour la dignité et la spécificité culturelle des noirs. ''Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France'', tonne le jeune colonisé francophile. Devenu français, il est mobilisé pendant la Seconde guerre mondiale, puis fait prisonnier. C'est d'ailleurs en captivité qu'il écrit certains de ses poèmes les plus poignants.

A l'heure où est publié son premier recueil de poèmes, ''Chant d'ombres'', sa carrière politique commence, avec la IVe république: député du Sénégal en 1946, régulièrement réélu jusqu'en 1958, délégué de la France à l'UNESCO ou à l'ONU, secrétaire d'Etat... Puis Senghor, qui a quitté la SFIO pas assez africaine à son goût et fondé le Bloc démocratique sénégalais (BDS), repart pour l'Afrique, devenant le premier président du Sénégal en 1960.

Réélu à quatre reprises, celui que certains de ses pairs taxent de ''néocolonialiste'' gouverne avec poigne mais sans excès un pays qui tranche par sa stabilité sur le reste de la région. Authenticité, socialisme à l'africaine mais aussi pro-occidentalisme et maintien de la présence française, le Sénégal de Senghor est un exemple.

Senghor sera le premier chef d'Etat africain à quitter volontairement le pouvoir: le 31 décembre 1980, il démissionne, conformément à la Constitution, en faveur de son Premier ministre et dauphin désigné, Abdou Diouf. Un départ prévisible. Senghor disait toujours qu'il était arrivé à la politique par accident et que sa vocation était l'enseignement et l'étude de la culture en général...

Retour à ses premières amours, donc. Certes, Senghor assume le rôle de ''sage'' de l'Afrique et ne tourne pas le dos à la politique, mais surtout, il est couronné en 1983 par son admission au cénacle des Immortels, à l'Académie française, la plus haute institution française des arts et lettres. Pour des oeuvres comme ''Les Hosties noires'', ''Les Ethiopiques'', ''Nocturnes'', ''Lettres d'hivernage'', ''Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache''...

Et ce n'est pas par hasard que la première université francophone, fondée à Alexandrie en Egypte porte le nom de Léopold Sedar Senghor, le plus fervent des francophiles.

Marié en secondes noces avec une Normande, Colette Hubert, Senghor vivait depuis des années à Verson, près de Caen (Calvados). Et de plus en plus discrètement: il n'avait pas été vu en public depuis son 90ème anniversaire, célébré en grande pompe mondiale il y a cinq ans.

Le prénom Sedar -en langue nationale sénégalaise serere, ''celui qui n'aura jamais honte''- a été vérifié pour cet homme qui a cumulé tous les honneurs, entre Europe et Afrique, poésie et politique, pour une ''civilisation de l'universel''.





Léopold Sédar Senghor est décédé (allAfrica.com) - 20 Décembre 2001 - Publié sur le web le 21 Décembre 2001

L'ancien président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, s'est éteint, jeudi, chez lui, dans la ville de Verson au Nord de la France suite à une courte période de maladie. Il avait 95.

Homme d'Etat respecté et poète de très grande renommé internationale, Sénghor a légué un patrimoine politique et intellectuel dont le Président français Jacques Chirac à résumé l'ampleur en disant "la poésie a perdu un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami".

Senghor a dirigé son pays pendant les vingt premières années de l'indépendance. En 1980, il a cédé le pouvoir, suite à des élections libres et transparentes, et la transition fut perçue comme un signe réel de l'avènement de la démocratie dans la région, à un moment où presque tout le reste du continent était encore dominé par la dictature. Senghor fut succédé par son Premier ministre, Abdou Diouf, qui sera à son tour défait par son rival, l'actuel Président Abdoulaye Wade, dans les élections de l'an 2000.

Mais si Senghor était généralement admiré, il avait aussi des détracteurs qui lui reprochaient d'être trop aligné sur la France et voyaient en lui un Français noir. Cependant, cela ne l'a pas empêché de chercher des rapports militaires, politiques, économiques et culturels plus étroits avec Paris, arguant que le Sénégal, un pays pauvre, ne pouvait pas se permettre de faire autrement.

Senghor est né à Joal, ville de pêche au sud de Dakar, en Afrique-Occidentale française (AOF). Il a étudié à l'université de Paris où il fréquenta des intellectuels antillais, tels Aimé Césaire et Léon Damas, qui ont influencé la formulation de son concept de négritude.

En 1945, Senghor publia son premier recueil, Chants d'ombre, suivit d'Anthologie nouvelle de la poésie nègre et malgache de langue française en 1948. L'ensemble de ses écrits à été publié plus tard en quatre volumes sous le titre Liberté.

Vers la fin des années 1950, Senghor, redoutant l'éclatement de l'ancienne AOF en États rivaux, se fit le promoteur du fédéralisme dans la région. Mais comme ses efforts dans ce sens n'ont pas aboutit, il se fit élire président de la république du Sénégal, le premier des années d'indépendance.





Dossier spécial Sangonet - Senghor :décès à 95 ans